Rencontre avec... Martine Sehailia / Ass. La Rose

En France, une femme sur huit est un jour concernée par le cancer du sein. C’est le cancer le plus fréquent chez la femme.

Chaque année en novembre depuis 2013, plusieurs centaines de femmes se retrouvent à Roubaix lors d’une grande soirée événementielle autour de débats, défilés de mode, animations, témoignages. Ce beau succès souligne la nécessité de mettre en lumière le besoin des femmes d’être accompagnées et valorisées dans leur féminité mise à mal. Au cœur de cette opération on trouve toute l ‘énergie et la volonté que Martine Sehailia a engagé pour sensibiliser le public sur ce sujet.

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Aviez-vous déjà un engagement bénévole avant la Rose ?

Non, c’est la maladie qui a tout déclenché. Elle m’a poussée à me mettre en mouvement et à passer à l’action. Avant, je m’occupais pour l’essentiel de ma famille, de mes proches, j’avais mon emploi salarié. Le cancer du sein a commencé par frapper ma maman il y a treize ans. Il a été découvert très tardivement. C’est la première chose qui m’a révolté. Ma mère ne maitrisait pas bien le français et je pense que cela a joué un rôle important dans le retard de dépistage et le manque de soin. En effet, comment peut-on être bien informé aujourd’hui sur le dépistage quand on est isolé ? Je me disais qu’il y avait quelque chose à faire pour toutes les femmes qui pouvaient être dans le même cas, qui passent à côté de leurs droits et des mesures de prévention essentielles aujourd’hui pour lutter contre cette maladie.

Vous avez créé La Rose à ce moment?

Sept ans plus tard c’est moi qui me suis trouvée touchée et j’ai affronté ce qu’on ressent quand on le vit soi-même.  Et là j’ai réalisée autre chose : on peut être très bien entourée, presque surprotégée par le suivi médical mais quand on rentre chez soi, quand on est en phase de rémission on se sent vraiment très seule et en manque de confiance. C’est parfois très dure de reprendre les activités du quotidien.

Quand je me suis retrouvée dans cette situation, une fois mon traitement terminé, j’ai décidé de créer l’association. Je voulais taper fort tout de suite avec une grosse opération. Je voulais un événement très médiatique pour rendre l’association visible et que les personnes les plus isolées aient une chance de voir passer l’information et de se sentir concernées.

Que vous a apporté cet engagement ?

L’envie est le moteur et donne beaucoup d’énergie pour communiquer, partager et susciter les soutiens. C’est à la fois un parcours où je me sens parfois assez seule pour développer le projet de l’association mais où je rencontre énormément de monde prêt à m’aider : personnels médicaux, acteurs associatifs et institutionnels… beaucoup de femmes ravies de partager leur vécu et de sortir de l’isolement… et quand vient le moment d’organiser un événement, il y a aujourd’hui de nombreux bénévoles qui répondent présent et envers qui je suis très reconnaissante.

Quel est votre projet aujourd’hui ?

Il faudrait que nous trouvions un lieu. Car aujourd’hui, il n’existe rien pour se retrouver hors de l’hôpital. On a besoin d’un lieu d’accueil, un lieu d’écoute et de conseil qui permettrait aussi d’organiser des ateliers. Je remarque qu’il y a de grandes injustices sociales face à cette maladie : pour les soins, l’esthétique, de nombreux actes médicaux ou accessoires coûtent très chers et ne sont pas ou mal remboursés, sans parler de la difficulté à reprendre le travail et des conséquences de la perte de salaire. Il faut qu’on puisse faciliter l’accès aux droits et à un retour à la confiance et au bien-être de ces femmes.

Pour vous, être bénévole c’est… ?

Transformer ce qui m’a fait mal en quelque chose de positif.

 

 

Pour s’informer et prendre contact :

Association La Rose : 06 63 91 44 04

association.larose@gmail.com

http://www.association-larose.fr/